Découverte archéologique

Une découverte archéologique éclaire le passé antique du Thouars

Avec la complicité et la compétence de Christophe Meuret, archéologue antiquisant, le capitaine (H) Patrick Kerangueven relate, dans un article détaillé, le riche passé de la colline du Thouars. L’histoire de ce site stratégique et militaire s’étoffe d’une découverte archéologique précieuse… Rencontre avec deux passionnés de patrimoine.

Sur la colline du Thouars (altitude 132m), Patrick Kerangueven a fait une découverte archéologique qu’il estime dater de la période celto-ligure, bien avant les Romains : « militaire dans les années 90, je connaissais ce site. Il y a quelques mois, avec l’ouverture au public de cette partie de la forêt côté La Valette, j’ai fait une prospection archéologique qui m’a mené sur les traces du passé antique du Thouars. » Pour Christophe Meuret, enseignant chercheur, même enthousiasme : « Mes domaines de prédilection sont l’archéologie, l’histoire, l’antiquité et les civilisations. Alors quand Patrick m’a parlé de ce site je me suis plongé dans son histoire. Nous avons tiré le fil et écrit un article poussé sur nos recherches. »

Découverte : une structure avec tourelles

► Enceinte de 3000 m²
► Forme trapézoïdale
► Murs épais en pierre sèche avec double parement et blocage interne
► Présence d’éléments bétonnés (héritage de l'armée allemande qui occupa le site pendant la seconde guerre mondiale).

Hypothèses : construction remontant au "camp des Français" avant le siège de 1793 ou enceintes protohistoriques*, fortifications méditerranéennes anciennes établies sur les hauteurs tels que des oppida celto-ligures.

Les vestiges

« Cette structure parait ancienne, du fait de la technique de construction avec un parement extérieur et intérieur associé à un remplissage interne de cailloutis, de pierres et de terre compactée. Cette technique pourrait se rapprocher des enceintes protohistoriques, des fortifications méditerranéennes anciennes car c’est d’abord une construction rustique qui peut surprendre si l'on évoque une ferme, un simple enclos ou encore un fort moderne des XVIIe et XVIIIe s. »

La Garde, cité antique

« La cité du Rocher conserve les vestiges d’une occupation antique, notamment à travers une huilerie gallo-romaine. Le lieu est attesté en 1056 avec ce nom de Guarda, nom correspondant vraisemblablement à une vigie intégrée à un réseau de guettes protégeant l’agglomération toulonnaise. »

Une construction qui daterait de l’Âge de fer ?

« Dans ce lieu maintes fois réoccupé, il ne serait pas impossible de trouver également un petit oppidum ou encore un refuge fortifié protohistorique permettant de surveiller le littoral, de contrôler les passages à l'est et par ailleurs. Ainsi, l'ensemble a pu être réutilisé à l'instar de beaucoup de sommets provençaux occupés pendant plus de 2000 ans. »

Un oppidum, quézako ?

C’est une fortification de type celtique généralement aménagée en surplomb, protégée par des fossés et servant de refuge et de lieu de rencontre. « Les oppida varois présentent plusieurs traits communs avec notre site et la logique de ce type d'installation semble toujours la même : implantés sur un sommet ou un éperon barré, remparts en pierre sèche adaptés au relief, à proximité d’une source, d’un accès maritime et/ou des voies commerciales, contrôle visuel du littoral, habitat organisé en petites unités domestiques. »

Celtes, Grecs et Romains en terres gardéennes

« Cet aspect trouve son origine fonctionnelle dans le fait que le littoral varois constituait une zone de contact entre les populations locales (base ligure), les Celtes venus du nord, les navigateurs Grecs de Marseille et enfin les Romains. Le littoral toulonnais montre une continuité de sites fortifiés ligures en regard de comptoirs grecs, c’est le cas de l’oppidum voisin de Baudouvin (attesté celto/ligure) qui permet un contact visuel direct sur le Thouars. Pour clore cette première réflexion, une prospection archéologique sera décisive et permettra sans nul doute d'éclairer l’histoire de ces constructions, dans un lieu qui conserve depuis la nuit des temps l'empreinte visible de son rôle éminemment stratégique. »

Consultez l'article détaillé de Christophe Meuret et Patrick Kerangueven


Le saviez-vous ? La commune de La Garde compte d’autres sites archéologiques :

Sur le campus universitaire : la villa gallo-romaine de La Garde a été fondée dans la deuxième moitié du Ier s. avant notre ère. Elle comprend une huilerie, des thermes, ainsi que le probable coursier d’un moulin, mis au jour par le Centre Archéologique du Var lors des fouilles menées à l’occasion de la construction de l’université de 1968 à 1985. Ces vestiges, d’époque romaine, sont toujours visibles.

Sur la colline de Pierrascas : situé sur le piémont du Mont Coudon, l’oppidum celto-ligure de Pierrascas est une fortification provençale : une enceinte protohistorique. « Sinon une fortification pendant le siège de 1793 visant à chasser au canon les Anglais présents sur le Thouars. » 

*Époque de l'histoire de l'humanité, comprise entre la préhistoire et la période historique.